Netflix vient de provoquer un véritable bouleversement dans l’industrie du divertissement. Le géant du streaming a annoncé le rachat de Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars.
Une opération qui lui ouvre l’accès à l’un des catalogues les plus riches d’Hollywood et au prestigieux service HBO Max. Il s’agit de la plus importante consolidation du secteur depuis le rachat de Fox par Disney en 2019.
Selon les termes de l’accord, Netflix prévoit de verser 27,75 dollars par action, valorisant Warner Bros Discovery à 72 milliards de dollars hors dette. Paramount Skydance et Comcast étaient également candidats, mais Netflix a présenté l’offre la plus élevée, tout en répondant aux exigences du conseil d’administration de WBD, qui espérait environ 75 milliards de dollars hors dette.
Warner Bros avait déjà annoncé, en juin, son intention de scinder ses activités studios et streaming en deux entreprises cotées séparément. Cette séparation devrait être finalisée au troisième trimestre 2026, étape nécessaire avant la validation du rachat.
Les autorités de régulation ainsi que les actionnaires doivent encore donner leur feu vert, ce qui laisse prévoir une finalisation du deal entre fin 2026 et mi-2027.
Une opération saluée par les deux groupes
Dans un communiqué commun, Warner Bros et Netflix se félicitent de cette fusion qui ouvre la voie à une nouvelle ère pour leurs contenus. Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, a souligné la puissance de la réunion de leurs catalogues, allant des classiques comme Casablanca et Citizen Kane aux franchises modernes telles que Friends, Harry Potter, Stranger Things ou KPop Demon Hunters. Selon lui, cette alliance permettra de « façonner le prochain siècle du storytelling ».
Quel avenir pour Warner Bros et Netflix ?

Netflix a dévoilé une feuille de route articulée autour de cinq axes stratégiques. La plateforme entend notamment préserver les opérations actuelles de Warner Bros, y compris les sorties en salles ; renforcer la diversité du catalogue, dans un marché du streaming de plus en plus fragmenté. Netflix veut aussi accroître la production de contenus originaux aux États-Unis ; stimuler la création d’emplois dans le secteur audiovisuel ; favoriser une collaboration créative entre les équipes de Netflix et celles de Warner Bros. Netflix bénéficie déjà d’un accord solide avec Sony Pictures, qui lui permet d’ajouter régulièrement les films du studio à sa plateforme. À terme, le groupe pourrait ainsi proposer un catalogue très large mêlant productions HBO, films Warner Bros, franchises Sony (dont Spider-Man) et ses propres créations.
Un chantier colossal encore soumis à régulation
Même si les conseils d’administration des deux entreprises ont validé l’opération, le rachat reste soumis à l’examen des autorités américaines. Les régulateurs devront évaluer son impact sur la concurrence, d’autant que la Writers Guild of America a récemment exprimé ses inquiétudes concernant les effets possibles d’une telle consolidation sur les rémunérations et l’emploi dans l’industrie culturelle. Les prochaines étapes incluent la scission officielle de Warner Bros Global Networks et Discovery Global ;
l’examen réglementaire et le vote des actionnaires de WBD. Si toutes ces conditions sont remplies, la transaction pourrait être conclue d’ici 12 à 18 mois, soit entre la fin 2026 et l’année 2027.